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"Pas de IVe Reich": des milliers de manifestants en ex-RDA contre l'extrême droite
"Pas de IVe Reich": des milliers de manifestants en ex-RDA contre l'extrême droite - © JENS SCHLUETER - AFP

Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés samedi à Erfurt, capitale de la Thuringe en ex-RDA, où l'élection du dirigeant de la région grâce à l'extrême droite a provoqué un séisme politique en Allemagne.

Les manifestants se sont retrouvés à la mi-journée dans le centre de la ville sous le mot d'ordre: "pas avec nous, pas de pacte avec les fascistes: jamais et nulle part!". Des banderoles proclamaient: "nous ne voulons pas de IVe Reich" ou encore "nous ne voulons pas le pouvoir à n'importe quel prix".

La manifestation est organisée par des ONG, artistes, syndicalistes et responsables politiques, unis dans l'alliance #Unteilbar ("indivisible" en français). Quelque 10.000 manifestants sont attendus, selon les organisateurs.

Des limites ont été franchies

"Je manifeste car l'influence de l'AfD devient très pesante dans les régions de l'Est", explique à l'AFP Maria Reuter, une habitante d'Erfurt de 74 ans.

"Je reste optimiste pour l'avenir, sinon je ne manifesterais pas, mais des limites ont été franchies avec les votes ensemble de la droite et de l'extrême droite, on ne peut pas laisser passer ça", fait-elle valoir.

L'élection surprise le 5 février du libéral Thomas Kemmerich, grâce aux voix coalisées de la droite conservatrice et de l'extrême droite avait déjà provoqué nombre de rassemblements spontanés dans toute l'Allemagne.

Tension

Face au tollé, ce candidat du petit parti libéral FDP a jeté l'éponge 24 heures après son élection à une très courte majorité.

Mais pour les organisateurs de la manifestation, le mal est fait.

"Cette élection, c'est la fin d'un tabou", s'inquiète auprès de l'AFP Michael Rudolph, dirigeant de l'association DGB en Thuringe, qui attend des partis traditionnels des réponses concrètes aux électeurs tentés par le vote d'extrême droite, notamment "en termes de mobilité et d'emploi".

Signe de la tension dans tout le pays, plusieurs locaux du FDP sont devenus la cible d'attaques dans toute l'Allemagne.

D'autant que l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), le parti d'extrême droite créé en 2013, compte bien continuer à dynamiter le jeu politique allemand. En Thuringe, les institutions restent ainsi paralysées depuis plus d'une semaine.

L'extrême droite menace désormais de porter ses suffrages, en cas de nouvelle élection à la tête de cette région enclavée, sur Bodo Ramelow. Cette personnalité de la gauche radicale était à la tête de la région jusqu'en 2019 et refuse catégoriquement tout apport de voix de l'AfD.

Les partis hors AfD doivent se réunir lundi à Erfurt pour trouver une porte de sortie à cette crise. Nouvelles élections? Coalition minoritaire? Plusieurs options sont sur la table pour gouverner cette région, concentré des incertitudes qui traversent le paysage électoral allemand.

L'onde de choc continue d'ailleurs de se propager au delà des frontières du Land, dans une Allemagne confrontée à la fin, au plus tard en 2021, de l'ère Angela Merkel, au pouvoir depuis 14 ans.

La Thuringe délaissée par les jeunes génération

Elle a ainsi provoqué la chute de la dauphine d'Angela Merkel, Annegret Kramp-Karrenbauer, qui a renoncé à la course à la chancellerie. En Thuringe aussi, le dirigeant de la CDU, Mike Mohring, a annoncé vendredi son départ pour permettre une "pacification" du parti conservateur.

Certains membres de la CDU, en particulier dans les régions d'ex-Allemagne de l'Est, sont tentés par un rapprochement avec l'extrême droite, particulièrement puissante dans ces régions.

La rhétorique de l'AfD passe bien dans l'ex-RDA communiste, plus pauvre. En Thuringe, le revenu moyen annuel s'élevait en 2018 à 35.701 euros, contre 42.962 euros en moyenne en Allemagne, selon l'Office des statistiques.

Si le chômage y est à peine supérieur au taux fédéral (5,3% contre 5%), la Thuringe souffre d'être délaissée par les jeunes générations et d'un grave déficit de natalité. Plus d'un habitant sur 4 (25,7%) y est âgé de plus de 65 ans (21,5% en Allemagne).

Cette mobilisation contre l'extrême droite intervient aussi en pleines commémorations de la libération des camps nazis et du bombardement de la ville de Dresde il y a 75 ans.

Près de 1500 militants néonazis, et de nombreux contre-manifestants, sont attendus samedi, sous étroite surveillance policière, dans cette ville de Saxe pour une "marche funèbre" cultivant le mythe d'une "ville martyre", injustement sacrifiée par les Alliés.

 

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15. helmikuuta 2020 16:33:56 Categories: - info - monde Mirror RTBF

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