Liberation

Chantal Perrichon, la présidente de la Ligue contre la violence routière, est décédée

logo de Liberation Liberation 23.06.2023 18:24:44 Sylvain Mouillard
Chantal Perrichon à Paris en juin 2014.

Chantal Perrichon, l'emblématique présidente de la Ligue contre la violence routière, est décédée le 20 juin à l'âge de 77 ans, a appris Libération. Issue d'une famille de républicains espagnols, cette psychologue et orthophoniste de formation bataillait depuis une vingtaine d'années contre le fléau de la violence routière, qui fait en moyenne quelque 3 000 morts par an. Débit mitraillette, Chantal Perrichon arpentait les plateaux de télé, les studios de radio, squattait les colonnes des journaux pour dénoncer la «droitisation des discours sur la sécurité routière», fustigeait les lobbies tel que celui représenté par l'association 40 Millions d'automobilistes.

En retrait de sa présidence depuis 2020 pour des raisons de santé, elle avait mené un combat intense pour convaincre, lors du premier quinquennat Macron, du bien-fondé de la limitation à 80 km/h sur les routes nationales. Un combat qui a permis de réduire le nombre de victimes, mais qui a subi une intense guérilla menée par le lobby automobile ainsi que par de nombreux élus. Résultat : un assouplissement de la mesure et un retour aux 90 km/h dans de nombreux départements.

Avec son complice Claude Got, médecin et chercheur, elle bataillait en coulisses dans les cabinets ministériels pour faire avancer ses idées, tandis que les pro-bagnoles l'éreintaient, notamment à coups de remarques misogynes. Interrogé par Grazia, Claude Got saluait «sa ténacité» : «La qualité scientifique de ses argumentaires lui confère un poids politique exceptionnel. C'est elle qui a emporté l'adhésion d'Edouard Philippe. Sans elle, le passage aux 80 km/h n'aurait jamais vu le jour. Les 400 personnes dont la vie sera épargnée chaque année lui en seront redevables.»

Chantal Perrichon, c'est aussi une vite de militantisme : pour le droit à l'avortement dans les années 70 au sein du MLF, contre l'amiante à l'université parisienne de Jussieu, avant, donc, la lutte contre la violence routière. Elle entre à la Ligue comme «simple militante» avant d'en prendre la présidence bénévole, en plus de ses fonctions de chargée de communication au sein d'un département de l'université de Paris-VI. Elle n'en faisait pas un combat personnel, indiquant ainsi dans une interview au site lelynx.fr : «Nous ne sommes pas une association de familles de victimes, nous sommes unis avant tout pour la prévention.»

vendredi 23 juin 2023 21:24:44 Categories: Liberation

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