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Changer de région : « L'effet TGV » accélère l'installation en province

logo de Le Parisien Le Parisien 17/05/2021 14:42:46 Stéphanie Condis
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Thomas Lefebvre, directeur scientifique du site Meilleurs Agents, plate-forme spécialisée dans l'estimation immobilière en ligne pour les particuliers, dresse le tableau d'un marché qui bouge. autant que les Français.

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Avec la crise sanitaire, les grandes métropoles attireraient moins. ?

Disons que les tarifs immobiliers sont sur un plateau. C'est le cas à Paris, où le mètre carré est à 10 300 ?, soit + 29 % en cinq ans, et à Lyon : + 43 % pour environ 5 000 ? du m². Quant à Bordeaux, la hausse des prix y est telle que la plupart des ménages ont vu leur pouvoir d'achat diminuer, n'ayant plus un budget suffisant face à une croissance de 57 % en dix ans, pour atteindre 4 600 ? du m².

Dans les grandes villes, on observe une accélération du report vers leur périphérie. Pour Lyon, notamment en direction de Villeurbanne, où les prix ont augmenté de 35 % en cinq ans. Idem à Mérignac, limitrophe de Bordeaux.

Le phénomène concerne aussi les communes à une heure de ces agglomérations, à condition qu'elles soient bien connectées. Par exemple Reims, dont le centre est relié à Paris en 45 minutes de TGV : l'immobilier a progressé de 19 % en cinq ans, dépassant 2 300 ? au m².

Il sera donc intéressant de suivre de près l'évolution du marché dans des localités les plus accessibles, le long des lignes de train qui partent des grandes métropoles.

Y a-t-il d'autres exemples de ce mouvement ?

Angers présente quasiment la même trajectoire de prix sur les cinq dernières années que Paris (+ 30 %) mais le tarif au m², d'environ 2 500 euros pour les appartements, est quatre fois moins cher que dans la capitale ! Idem pour La Rochelle, avec + 31 % et près de 3 800 ? du m² : ces deux villes séduisent par leur qualité de vie.

Rennes est la localité où l'immobilier a le plus augmenté en cinq ans : + 53 %, pour avoisiner les 3 800 euros du m² : c'est l'effet TGV, puisque la ligne qui relie la cité bretonne à Paris est encore plus rapide qu'avant, soit à peine plus d'une heure et demie. Dijon et Orléans sont aussi très intéressantes, toutes deux connaissant une hausse de 16 % pour s'élever à environ 2 300 euros par m².

Mais ce ne sont pas juste la proximité et les connexions avec les métropoles qui expliquent ce succès. C'est parce qu'elles possèdent trois autres atouts fondamentaux pour un marché immobilier dynamique : la croissance démographique, l'activité économique porteuse d'emplois et les bonnes infrastructures locales qui améliorent le cadre de vie.

Quel est impact du télétravail sur l'attractivité des villes à taille humaine ?

Il y a une continuité : les villes moyennes, qui étaient déjà attractives, continuent de l'être. On constate ce transfert naturel depuis plusieurs années. Est-ce qu'elles séduiront encore plus à l'avenir ? C'est trop tôt pour se prononcer car les incertitudes sont encore importantes : on attend de voir quel nouvel équilibre va se mettre en place entre le travail en distanciel et en présentiel. Ce n'est pas encore clair, les employeurs réfléchissent. On n'assiste donc pas, pour l'instant, à un report de la demande immobilière vers de plus petites communes.

C'est sûr qu'il y aura davantage de travail à distance, entre un à deux jours par semaine. Mais est-ce que ce sera largement répandu parmi les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs ? On peut quand même imaginer que le coût d'un abonnement TGV, qui pouvait décourager les déménagements, s'il est pris en charge par l'employeur dans le cadre d'un accord de télétravail, ne sera plus un frein et pourrait booster certaines destinations.

lundi 17 mai 2021 17:42:46 Categories: Le Parisien

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