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Israël-Palestine : pourquoi le Conseil de sécurité de l'ONU reste muet

logo de L'Express L'Express 17/05/2021 07:56:34 lexpress.fr

Après trois réunions d'urgence sur le conflit israélo-palestinien, le Conseil de sécurité de l'ONU n'est toujours pas parvenu à un accord commun, en raison du blocage d'un pays : les Etats-Unis.

Une pelleteuse dégage les décombres d'un bâtiment détruit dans le quartier résidentiel de Rimal, à Gaza, le 16 mai 2021, à la suite des bombardements israéliens massifs sur l'enclave contrôlée par le Hamas. © Mahmud Hams / AFPUne pelleteuse dégage les décombres d'un bâtiment détruit dans le quartier résidentiel de Rimal, à Gaza, le 16 mai 2021, à la suite des bombardements israéliens massifs sur l'enclave contrôlée par le Hamas.

Le nombre de morts ne cesse d'augmenter, mais aucune sortie de conflit n'est en vue. Si l'escalade des violences entre Israël et Palestine est un sujet brûlant au Conseil de sécurité de l'ONU, la situation y semble figée. Les membres du Conseil n'ont pas encore réussi, après trois sessions d'urgence, à adopter un texte commun. Les Etats-Unis bloquent en effet les propositions des uns et des autres, et refusent toute déclaration conjointe.

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Depuis une semaine, Washington, isolé, a déjà rejeté deux textes proposés par trois membres du Conseil : la Norvège, la Tunisie et la Chine. La dernière réunion organisée dimanche s'est soldée par le même échec.

Blocage des Etats-Unis

Les Etats-Unis soutiennent Israël dans son refus d'une implication du Conseil de sécurité dans le conflit. Selon eux, "le Conseil de sécurité marque sa préoccupation en se réunissant, pas besoin de plus", a indiqué un diplomate réclamant l'anonymat.


Vidéo: Conflit israélo-palestinien : nouvelle réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU (France 24)

Conflit israélo-palestinien : nouvelle réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU
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Lors des deux premières rencontres, ils se sont déjà opposés à l'adoption d'une déclaration commune appelant à un arrêt des affrontements, la jugeant "contre-productive" à ce stade, selon des sources diplomatiques. "C'est un peu étrange si l'on pense à l'attente que nous avions tous d'un retour des Américains dans la diplomatie multilatérale", relève un ambassadeur sous couvert d'anonymat. "Nous avions pensé aussi que les Etats-Unis seraient désireux de montrer la pertinence du Conseil de sécurité dans des situations comme celle-ci", ajoute-t-il.

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Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a de son côté regretté "l'obstruction" américaine pour faire adopter une déclaration. "Le Conseil de sécurité doit prendre des mesures" et "à cause de l'obstruction d'un pays", il "n'a pas été capable de parler d'une seule voix", a-t-il déploré en demandant à Washington "d'assumer ses responsabilités" à l'ONU. La Chine, qui préside ce mois-ci le Conseil de sécurité, a en revanche pris la défense des Palestiniens dans l'enceinte onusienne, où elle utilise fréquemment son droit de véto pour bloquer les motions visant ses alliés, comme la Syrie.

Devant la presse, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a estimé que Washington s'opposait ainsi, à lui seul, à la volonté de la communauté internationale. "Les Etats-Unis répètent qu'ils se préoccupent des droits des musulmans (...) mais ils ignorent la souffrance des Palestiniens", a martelé la représentante de Pékin.

Le risque d'une "crise incontrôlable"

En ouverture de la dernière session, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde le Conseil de sécurité sur le risque d'"une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable" dans la région si un cessez-le-feu n'était pas rapidement imposé. "Ce cycle insensé d'effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement", a-t-il martelé.

C'était sans compter sur les Etats-Unis, qui ne voulaient d'ailleurs pas de la réunion de ce dimanche. Leur ambassadrice à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, s'est bornée à réclamer une cessation "du cycle de violences", assurant que son pays "travaillait sans relâche pour une fin des hostilités" et "une paix durable". "Les Etats-Unis sont activement engagés en coulisses sur un plan diplomatique avec toutes les parties et dans la région en faveur d'une désescalade. Actuellement, une déclaration du Conseil serait contre-productive", a affirmé une source au fait des discussions, en réclamant l'anonymat.

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Signe de leur frustration à l'égard de Washington, quatre membres européens du Conseil de sécurité - Norvège, Estonie, France et Irlande - ont tenu mercredi dernier à publier un communiqué. "Le grand nombre de victimes civiles, dont des enfants, dues à des frappes aériennes israéliennes à Gaza et les morts israéliennes causées par des roquettes lancées de Gaza sont à la fois inquiétants et inacceptables", indiquait leur texte.

A Washington, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, avait annoncé simultanément l'envoi d'un émissaire au Proche-Orient pour exhorter Israéliens et Palestiniens à la "désescalade". Dans leurs prises de position depuis le début du conflit, les Etats-Unis ont réaffirmé le droit d'Israël à se défendre contre les tirs de roquettes du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, mais aussi appelé à la désescalade. Ils ont également demandé à Israël de faire "tout son possible pour éviter des victimes civiles".

lundi 17 mai 2021 10:56:34 Categories: L'Express

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