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Prêts participatifs: les patrons s'interrogent

logo de BFM Business BFM Business 17/05/2021 06:53:12 Thomas Sasportas avec Olivier Chicheportiche
Chez les cadres, la rupture conventionnelle s'apparenterait davantage à une transaction de substitution au licenciement. Les employeurs signent un chèque pour éviter les contentieux. © Gaizka Iroz- AFPChez les cadres, la rupture conventionnelle s'apparenterait davantage à une transaction de substitution au licenciement. Les employeurs signent un chèque pour éviter les contentieux.

Bonne idée sur le papier, les prêts participatifs lancés par le gouvernement avec l'appui des banques et des assureurs doivent permettre de renforcer les fonds propres des entreprises, notamment les PME, pour les aider à surmonter la crise.

Mais dans les faits, le dispositif semble se heurter à quelques résistances. En effet, les premiers contacts des dirigeants d'entreprises avec les banques les ont visiblement refroidi. En cause: le traitement comptable de ces prêts qui pourraient fragiliser le profil des entreprises intéressées auprès de la Banque de France.

Traitement comptable

Pour cette dernière, les choses sont claires: la notion de quasi-fonds propres n'existe pas en comptabilité et les prêts participatifs sont bien des dettes financières.

Ils ont donc mécaniquement un impact sur l'endettement de l'entreprise et sur sa cotation par la Banque de France. De quoi provoquer un décalage avec ce qu'avaient compris les entreprises lorsque le dispositif avait été présenté par Bercy.

Pour les chefs d'entreprise, ces prêts n'avaient pas vocation à impacter leur capacité d'endettement avec des quasi-fonds propres qui renforcent le haut de bilan des entreprises et qui leur permettent donc si nécessaire d'aller chercher d'autres dettes pour se développer. Une mécanique mise à mal si l'entreprise devient au contraire moins bien notée par la Banque de France.

La Banque de France veut rassurer

Finalement, plusieurs dirigeants ont donc des doutes sur l'intérêt de ces prêts participatifs. Mais la place de Paris se veut rassurante. "Ce ne sont pas des dettes comme les autres, promet la Banque de France, contactée par BFM Business. Elles seront analysées de manière beaucoup plus positive grâce au différé de remboursement de 4 ans et à la garantie de l'Etat".

L'institution s'engage donc à limiter au maximum l'impact de ces prêts sur la cotation des sociétés et de son côté, Bercy va bientôt faire de la pédagogie auprès des entreprises.

Présentés comme "essentiel" par Bruno Le Maire pour la relance de l'activité, ces prêts sont d'abord des prêts de long terme, 8 ans, qui ne commenceront à être remboursés qu'à partir de la cinquième année. En ce sens, on parle de "quasi fonds propres" puisque cet argent va rester longtemps dans l'entreprise avant d'être remboursé.

Surtout, ces prêts sont des "dettes junior". Autrement dit, ils ne sont remboursés que si l'entreprise en a les moyens et uniquement après avoir remboursé ses autres dettes. Forcément, cela signifie que le délai théorique de 8 ans peut donc être dépassé.

20 milliards d'euros

Le but est évidemment de donner de l'air aux entreprises pour qu'elles puissent continuer à investir. Or, l'investissement sera une des clés de la relance de l'économie française.

Pour cela, c'est tout l'écosystème français qui est mobilisé: une douzaine de banques, une vingtaine d'assureurs, une quarantaine de sociétés de capital-investissement (via leur association France Invest).

Concrètement, les assureurs, très critiqués pendant la crise, vont mettre sur la table 20 milliards d'euros: 14 milliards d'euros pour les prêts participatifs distribués par les banques et 6 milliards d'euros en obligations d'entreprises qui seront achetées par les sociétés de capital-investissement.

Reste que des conditions existent pour bénéficier du dispositif du prêt: si aucun remboursement n'est réclamé avant la 5ème année, les intérêts doivent néanmoins être remboursés dès la première année. Ils ont été fixés à 4% pour les PME et 5% pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI).

lundi 17 mai 2021 09:53:12 Categories: BFM Business

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