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Les Français vont-ils succomber aux acomptes sur salaires pour éviter les découverts?

logo de BFM Business BFM Business 17/05/2021 07:38:04
Le salaire de base a augmenté de 0,4% © Philippe Huguen - AFPLe salaire de base a augmenté de 0,4%

Si certains Français ont pu beaucoup épargner à l'occasion de cette crise sanitaire, d'autres ont en revanche plus souffert. Ainsi selon un sondage OpinionWay pour la société Stairwage, 16% des Français déclarent avoir été au moins une fois à découvert en fin de mois depuis mars 2020. Pour un découvert moyen assez élevé de 382 euros.

Pour faire face à ces aléas, les Français ont le choix entre demander de l'aide à des proches (ce qui n'est jamais très agréable), accepter de payer des agios (ce qui l'est encore moins) ou contracter un micro-crédit (ce qui peut s'avérer coûteux).

Il existe cependant une quatrième option peu connue que des start-ups souhaitent développer en France: l'acompte sur salaire. Très répandu dans les pays anglo-saxons, le versement d'une partie de son salaire avant la fin du mois reste très exceptionnel en France alors qu'il s'agit d'un droit reconnu par le Code du travail.

"Le paiement de la rémunération est effectué une fois par mois. Un acompte correspondant, pour une quinzaine, à la moitié de la rémunération mensuelle, est versé au salarié qui en fait la demande", reconnait l'article L3242-1 du Code du travail.

Cette possibilité reste toutefois méconnue des Français.

"52% des Français ne savent pas que ça existe et les autres disent le connaître sans trop savoir de quoi il s'agit vraiment et confondent "acompte" et "avance"", explique Yann Le Floc'h, fondateur de la start-up Stairwage, qui veut démocratiser la pratique.

A la différence de l'avance sur salaire, qui correspond à un somme touchée avant que le travail ne soit effectué, l'acompte correspond au paiement de jours de travail déjà effectués. Le 10 du mois vous pouvez ainsi réclamer qu'on vous verse en anticipé un tiers de votre salaire.

80% des acomptes sont refusés

Et si les salariés ignorent ce droit, les entreprises n'accèdent pas souvent à leurs demandes.

"En France, environ 80% des acomptes demandés par les salariés sont refusés, les entreprises craignent de ne pas pouvoir gérer un flux important de demandes alors que c'est un système qui existe depuis des années aux États-Unis, et qui fonctionne jusque dans les hôpitaux et  l'éducation nationale", explique à L'Usine Digitale Arbia Smiti, la fondatrice de la start-up Rosaly.

Depuis le début de l'année, deux start-up françaises se sont lancées sur le créneau de l'acompte sur salaire. Rosaly qui a levé 1,5 million d'euros et Stairwage qui compte faire une nouvelle levée après un premier tour de table de 500.000 euros en 2020.

Les deux sociétés fonctionnent sur le même modèle: elles permettent aux salariés d'effectuer eux-mêmes leur demande de versement d'acompte via une application. Ils n'ont plus besoin de faire la demande à leur service RH.

"Ca permet de fluidifier le processus et surtout de lever les gênes liées à la demande, assure Yann Le Floc'h. Aujourd'hui ce sont principalement des non-cadres qui demandent un acompte, les cadres n'osent pas le plus souvent."

La start-up paie directement l'acompte

Du côté des employeurs, elles espèrent aussi lever freins et réticences en proposant une solution logicielle pour automatiser le traitement et surtout en prenant en charge elles-mêmes le paiement des acomptes.

"C'est nous qui payons le salarié quand il fait sa demande d'acompte et nous nous faisons rembourser à la fin du mois par l'entreprise, explique Yann Le Floc'h. Ca n'impacte pas la trésorerie de l'entreprise."

La start-up se rémunère en faisant payer une licence à l'entreprise qui varie de 3 euros par mois et par salarié pour celles de moins de 250 salariés à 1,50 euros pour celles de plus de 1500 salariés.

"Mais nous visons principalement les ETI et les grandes entreprises, précise Yann Le Floc'h. Sous 200 salariés, les services RH arrivent bien à gérer les demandes."

Un service qui a en tout cas séduit de grandes structures soucieuses de leur politique RSE comme la Fondation Rothschild.

"Nous avons aussi signé avec de sgrands retailers, des grands noms de l'industrie et Renault s'est montré intéressé aussi", précise Yan Le Floc'h.
lundi 17 mai 2021 10:38:04 Categories: BFM Business

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