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Comment se bâtir un patrimoine d'un million d'euros en vingt ans

logo de Challenges Challenges 22/11/2020 19:11:36 Eric Treguier
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Pour de jeunes entrepreneurs en pleine ascension, il est important d'asseoir sa situation. S'approcher du million d'euros de patrimoine est réaliste en mixant assurance-vie, ETF et immobilier.

Se bâtir un solide patrimoine en vingt ans

Depuis qu'il a monté son entreprise en événementiel, il y a quatre ans maintenant, Jean, 32 ans, ne s'est jamais penché sur sa situation personnelle. Pourtant il y a danger ! En effet, il détient en direct les parts de sa société. Grave erreur, car en cas de vente de celle-ci, sa fiscalité sera très élevée. Et son épargne, qui dort actuellement sur des livrets, ne correspond pas à ses projets.

Pour atteindre son objectif sur vingt ans d'un patrimoine le plus proche possible du million d'euros, Jean va devoir optimiser sa capacité d'emprunt et rendre plus active son épargne. D'abord, il va commencer par mettre en place une bonne structure juridique pour sa société, en créant un holding patrimonial dans lequel il logera les titres de sa société. Il bénéficiera ainsi d'une exonération d'impôts sur les plus-values au-delà de trois ans en cas de vente : il s'agit du régime « 150 O-b-Ter » du Code des impôts. Puis, son épargne liquide sera ensuite redirigée, par le biais de son assurance-vie, aux deux tiers sur des Exchange Traded Funds (ETF, lire l'encadré page suivante).

Levier immobilier

Ces ETF permettent de parier sur des grandes tendances sociétales et d'investissement porteuses à long terme : transition climatique, accès à l'éducation, vieillissement de la population, mixité. Et puisque Jean, comme beaucoup de trentenaires, veut investir dans l'économie réelle et ce qui fait sens (il a longtemps été bénévole dans une association caritative), il pourra investir en direct dans des entreprises des secteurs de la santé ou des énergies alternatives.

Ces réajustements ne suffiront toutefois pas à lui permettre d'approcher son objectif patrimonial de 1 million d'euros sur vingt ans. Il faudra également jouer sur l'effet de levier en misant sur la pierre - Jean n'achètera pas sa résidence principale à Paris, où les prix atteignent des niveaux inacessibles pour lui - et il consacrera ses hausses de revenus au renforcement de son investissement immobilier. Toutes ces mesures devraient lui permettre de créer, au bout d'une vingtaine d'années un patrimoine d'environ 700 000 euros, générant des revenus annuels d'environ 28 000 euros.

JEAN

SON PATRIMOINE

A la tête de la société qu'il a créée, Jean se paie 3 500 euros nets par mois. Une fois ses charges réglées, son reste à vivre est modeste : 1 450 euros.

EN CHIFFRES

500 000 euros

Sa start-up, détenue à 100 %.

40 000 euros

Son assurance-vie

10 000 euros

Ses comptes-courants et livrets.

SES OBJECTIFS

Jean veut disposer, dans un avenir relativement lointain, car il est jeune, d'un patrimoine de plus de 1 million d'euros (professionnel et privé).

EN DÉTAIL

Développer un patrimoine non professionnel sur vingt ans.

Diversifier ses revenus et se créer des revenus complémentaires.

Conserver une épargne de sécurité, en limitant l'argent dormant.

LES SOLUTIONS POUR JEAN, 32 ANS

Immobilier en direct ou indirect : 30,5 %

Performant et stable, l'immobilier présente aussi l'énorme avantage de permettre d'investir à crédit.

En empruntant, compte tenu de son reste à vivre, 145 000 euros sur la durée la plus longue possible (vingt ans), Jean pourra figer un taux d'emprunt intéressant et créer un système où les loyers rembourseront l'essentiel du crédit souscrit. Mais dans quoi investir ? L'immobilier neuf locatif bénéficie d'une forte demande, mais son rendement est plus faible et il est souvent moins bien situé que l'immobilier ancien. Solution alternative, les SCPI (lire p. 80) qui offrent de bons rendements (supérieurs à 4 %) et une bonne répartition des risques entre types d'immobilier (bureaux, logements, entrepôts.), d'emplacement et de locataires.

ETF et fonds cotés : 14,5 %

Les 40 000 euros qui dorment sur son assurance-vie, essentiellement en fonds en euros, devront être réalloués en unités de compte, plus offensives, en visant surtout l'investissement dans des entreprises à impact. Pas besoin de choisir des fonds aux frais de gestion très élevés des grandes sociétés financières : mieux vaut sélectionner des ETF, ces véhicules financiers qui répliqueront la composition d'indices misant sur les grandes tendances (changement climatique, accès à l'éducation, vieillissement de la population, mixité. ). Cela assurera diversification et positionnement sur des tendances porteuses à long terme.

Investissements alternatifs : 5,5 %

Investir dans le non-coté permet d'échapper à la volatilité des marchés et d'être en prise directe avec l'économie. Le crowdfunding permet de cibler des rendements élevés, et s'il est réalisé via un PEA ou un PEA-PME, il offrira une imposition très allégée des plus-values, à savoir uniquement les prélèvements sociaux.

Investir en direct dans des start-up et PME à impact dans les secteurs de la santé et de l'énergie peut paraître aventureux, mais en répartissant ses investissements sur plusieurs cibles, c'est un pari raisonnable qui apporte en plus, s'il est réalisé en direct, une réduction de 18 % sur son impôt sur le revenu.

© Fournis par Challenges  

Sélectionner le bon ETF

Neuf gérants sur dix ne battent pas leur indice de référence sur le long terme. Pourtant, leurs fonds (généralement des sicav) prélèvent des frais de gestion élevés, entre 2 et 3 % par an. Or, il existe depuis quelques années les Exchange Traded funds (ETF), qui répliquent un indice ou un panier d'actions, sans intervention humaine.

Ils ont deux avantages. Le premier, c'est de permettre de profiter directement de la hausse à long terme des marchés : le CAC 40, pour ne prendre que l'indice le plus connu des Français, a gagné en moyenne 7,7 % par an depuis plus de trente ans. Le second avantage, c'est que leurs frais sont très faibles : entre 0,2 et 0,3 % par an. A long terme, cet écart avec les sicav finit par payer. Une fois l'intérêt des ETF reconnu, reste à choisir le plus adapté parmi des milliers : nous avons choisi de ne sélectionner que des ETF éligibles au PEA. Ils sont évidemment aussi éligibles à l'assurance-vie, dès lors que le contrat choisi est largement multisupports. Voici nos choix.

NOTRE TOP-5

1 - BNP Paribas Easy Low Carbon 100 Europe (LU1377382368, - 10,5 % sur un an, + 10 % sur cinq ans) réplique l'indice des 100 grandes sociétés européennes les plus respectueuses de l'environnement.

2 - Lyxor ETF Green Bond Ucits ETF (LU1563454310, + 2,55 % sur un an, ND sur cinq ans) est investi en obligations vertes (projets en transition énergétique) émises par les sociétés de l'indice Low Carbon 100 Europe.

3 - Lyxor PEA Eau (FR0011882364, + 3,5 % sur un an, + 45 % sur cinq ans) est indexé sur le World Water Index CW des 20 plus grandes sociétés de traitement, de distribution et de recyclage de l'eau.

4 - Amundi MSCI World (LU1681043599, - 0,57 % sur un an, + 39,6 % sur cinq ans) suit le célèbre indice mondial MSCI World, composé de grandes sociétés de 23 pays.

5 - Lyxor PEA Emergents (FR0011440478, - 2,6 % sur un an, + 33,8 % sur cinq ans) suit l'évolution d'un panier de grandes sociétés des pays émergents. Les plus importantes viennent de Chine et Corée du Sud : Alibaba, Tencent, Samsung.

SOURCE: SOCIÉTÉS, CHALLENGES.

Eric Tréguier

22. marraskuuta 2020 21:11:36 Categories: Challenges

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