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Comment se constituer une retraite acceptable en moins de douze ans

logo de Challenges Challenges 22/11/2020 19:23:25 Eric Treguier
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Pour nombre de quinquas, il est temps de se préparer à la chute de revenus liée à la sortie de la vie active. Un mix entre immobilier et actions permettra un complément futur tout en finançant les études des enfants.

Hélène, 53 ans, dirige une équipe de 20 personnes dans une société de services informatiques. Avec son mari et ses deux filles, elle ne se prive aujourd'hui de rien : voyages, sorties, restaurants. Au décès de son père, elle a reçu 115 000 euros en héritage. Cela a déclenché une vague d'angoisse chez cette mère de famille qui veut financer les études de ses filles : l'une vise une école de commerce, l'autre souhaiterait étudier dans une université allemande. L'épargne d'Hélène est placée sans conviction, à 80 % sur le fonds en euros de son assurance-vie et sur des livrets. Pour assurer les études de ses filles et faire face à la chute de ses revenus à sa retraite, dans une douzaine d'années,Hélène doit donc réorganiser ses actifs.

Première étape, réduire à 30 000 euros son épargne de sécurité pour investir le reste et une partie de son héritage dans son PEA (plan d'épargne en actions). Au menu : 50 000 à 70 000 euros investis en PME en direct (avec en bonus une réduction d'impôt de 18 % du montant investi) et en crowdfunding immobilier (rendement visé : environ 8 % par an). Le tout dans le cadre du PEA, et donc avec une imposition légère à la sortie. Elle complétera par l'achat de 25 000 euros de green bonds, qui offrent un bon rendement.

Enfin, elle modifiera son assurance-vie (lire encadré page 76) et profitera de marchés bas pour basculer 80 % de son épargne en fonds responsables (réchauffement, éducation, vieillissement, mixité.).

Hélène et son mari vont également activer leur capacité d'endettement en empruntant jusqu'à 300 000 euros, qu'ils investiront dans l'immobilier. Les remboursements seront couverts par les loyers et un supplément d'épargne (950 euros par mois). L'effort d'épargne restera raisonnable, passant de 340 euros (le remboursement des crédits immobiliers initiaux) à 950 euros par mois.

Au final, dans douze ans, Hélène aura créé un supplément de revenu de 25 000 euros par an, et elle aura augmenté son patrimoine de plus de 850 000 euros. Elle peut respirer : les études de ses filles seront financées et son départ à la retraite n'écornera pas (trop) le budget familial !

HÉLÈNE

SON PATRIMOINE

Propriétaire de sa résidence principale, Hélène vient d'hériter de 115 000 euros. Son salaire est de 87 000 euros par an, auxquels s'ajoutent 7 000 euros de revenus fonciers.

EN CHIFFRES

580 000 euros

Résidence principale.

140 000 euros

Appartement locatif.

172 000 euros

Héritage, livrets, PEL.

87 000 euros

Assurance-vie, PEA.

SES OBJECTIFS

Mère de famille et quinqua, Hélène a deux problématiques : financer les études de ses enfants et préparer sa retraite.

EN DÉTAIL

Créer des revenus complémentaires à un horizon de dix à douze ans.

Financer les études des enfants, deux filles âgées de 13 et 15 ans.

Conserver une épargne de sécurité.

© Fournis par Challenges

(SOURCE: SOCIÉTÉS, CHALLENGES.)

LES SOLUTIONS POUR HÉLÈNE, 53 ANS

L'immobilier démembré : 18,6 %

Hélène, avec un patrimoine élevé, n'échappe pas à l'impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Comme elle n'a pas un besoin immédiat de revenus, elle peut investir dans de l'immobilier démembré : elle n'achètera que la nue-propriété, avec un rabais de 18 à 20 % sur le prix d'achat en renonçant pour cinq à dix ans à l'usufruit, c'est-à-dire au droit de percevoir les loyers. A terme ?

Un patrimoine enrichi et une forte réduction de la fiscalité, puisqu'elle n'aura été imposée ni sur les loyers, ni au titre de l'IFI : c'est l'usufruitier qui y est assujetti.

Les green bonds : 2,5 %

Cette année, dans le monde, plus de 350 milliards de dollars d'obligations vertes devraient être émises, preuve du succès de ce mode de financement favorisant la transition vers l'économie bas carbone. Ce sont des titres obligataires classiques, émis par des Etats, des collectivités et des entreprises, avec un rendement et un remboursement à terme. Les green bonds font cependant l'objet d'un reporting accru et ne sont généralement pas accessibles aux particuliers.

Mais en septembre dernier, Anaxago a lancé le premier green bond grand public, avec un rendement de 8,5 % brut, destiné à financer La Kanopée, un nouvel écoquartier à la Réunion.

L'émission est close, mais d'autres devraient suivre sur différentes plateformes.

Le PEA : 14,3 %

Le PEA est une belle trousse à outils. Hélène va l'utiliser de trois façons. D'abord pour acheter des fonds de private equity, une des catégories les plus rentables, à condition de disposer d'un peu de temps. Ensuite pour investir en direct dans des PME non cotées, pour aider des entreprises à se développer avec en bonus une réduction d'impôt. Enfin, elle va placer une partie de son héritage en crowdfunding immobilier.

Son PEA va ainsi passer de 7 000 à plus de 100 000 euros. Mais elle pourra capitaliser les revenus, hors impôt, puis après cinq ans, faire des retraits partiels tout en continuant à l'alimenter dans la limite du plafond de 150 000 euros. A la sortie, ses gains (revenus et plus-values) ne seront imposés qu'aux prélèvements sociaux à 17,2 %.

Choisir son assurance-vie

Plus de 47 millions de contrats, 1 750 milliards d'euros d'épargne : l'assurance-vie, avec son exonération d'impôts au bout de huit ans, est le placement financier préféré des Français. Sauf que presque trois-quarts sont investis sur le fonds euros, dont le rendement s'érode (moins de 1,5 % prévu en 2020). La solution ? Parier sur la hausse à long terme des marchés boursiers, avec des fonds actions, des ETF et même des actions en direct. Pour choisir, il faut prendre en compte la signature de l'assureur, les frais (d'entrée, de gestion, d'arbitrage) et les options de gestion. « Trop de frais réduisent la rentabilité à long terme », prévient Marie-Hélène Deboislorey, présidente d'EFI Patrimoine. Ceux-ci sont variables : 5 % sur les versements pour les vieux contrats, mais 0 % sur les contrats en ligne. Même écart pour la gestion et l'arbitrage. Il faut aussi évaluer le rendement du fonds euros, reflet de la volonté de l'assureur de fidéliser ses clients : sous 9,5 % sur cinq ans et 24 % sur dix ans, il est trop pingre. Enfin, il faut des options utiles : gestion pilotée pour déléguer à un professionnel son contrat, gestion profilée, qui tient compte de la sensibilité au risque, gestion libre, qui permet d'investir soi-même en actions.

NOTRE TOP-5

1 Compte Afer, association d'épargnants (0,5 % de frais d'entrée). Bon fonds euros (1,85 % en 2019) et large choix de fonds diversifiés.

2 Fortuneo, filiale du Crédit mutuel (0 % de frais d'entrée). Larges options, fonds euros moyen (1,6 %) mais bons fonds mixtes.

3 BforBank, filiale du Crédit agricole (0 % de frais d'entrée). Fonds euros moyen (1,65 % en 2019 sur Dolcea Vie), mais nombreuses options.

4 Boursorama, filiale de Société générale (0 % de frais d'entrée). Fonds euros en retrait (1,55 % en 2019) mais bons mandats de gestion (24 % sur cinq ans sur le profil Dynamique).

5 Actépargne 2 de La France mutualiste (1,4 à 1,7 % de frais d'entrée). Contrat traditionnel, fonds euros solide (1,62 %, mais jusqu'à 2,12 % si le contrat a plus de 50 % en unités de comptes).

E. T.

22. marraskuuta 2020 21:23:25 Categories: Challenges

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