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membres d'équipage d'un avion roumain de reconnaissance qui s'apprête à voler au-dessus du Benelux et de l'Allemagne, 22 mars 1995
membres d'équipage d'un avion roumain de reconnaissance qui s'apprête à voler au-dessus du Benelux et de l'Allemagne, 22 mars 1995 - © Tous droits réservés

Les ambassadeurs des pays membres de l'Otan ont été convoqués ce vendredi pour une réunion d'urgence après l'annonce du retrait américain du traité Open Skies ("Ciel ouvert" en français). Cet accord est l'un des efforts de plus grande portée au niveau international pour promouvoir la transparence dans le domaine militaire.

Observation aérienne mutuelle

Le traité Ciel ouvert, entré en vigueur en 2002, permet de vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des 34 pays signataires. Les Etats parties s'engagent à soumettre leur territoire à des survols aériens pacifiques par les autres Etats parties du traité.

Ce concept a été imaginé par le président américain Eisenhower dans les années 50 pour améliorer la confiance entre les Etats-Unis et l'Union Soviétique. A l'époque, le ministre soviétique Boulganine rejette le concept lors du sommet de Genève de 1955. Le traité reste alors dans les tiroirs de l'administration jusqu'en 1989. Le président américain George Bush relance l'idée. Après des négociations, le traité est signé à Helsinki le 24 mars 1992.

Quotas et équipements spécifiques

Les dimensions géographiques de chaque Etat déterminent ce qu'on appelle les "quotas passifs", c'est-à-dire le nombre de survols que chaque État est obligé d'accepter annuellement. Les avions ne peuvent porter que des équipements destinés à l'observation du territoire. L'État observé doit être averti au moins 72 heures à l'avance du vol d'observation que prévoit l'État observant.

Les Etats-Unis estiment aujourd'hui que tous les membres du traité Ciel ouvert ne jouent pas le jeu. Selon le porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, la Russie "viole continuellement et de façon flagrante ses obligations selon le traité Open Skies et l'applique d'une façon qui menace les Etats-Unis, ainsi que nos alliés et nos partenaires", assure-t-il.

Il a notamment cité une interdiction aux avions alliés de s'approcher de plus de 500 km de l'enclave russe de Kaliningrad, située entre la Lituanie et la Pologne, et de dépasser de 10 km la frontière entre la Russie et la Géorgie.

Une gifle pour nos alliés en Europe

La décision d'un retrait du traité a été vivement critiquée par l'opposition démocrate aux Etats-Unis. C'est "une gifle pour nos alliés en Europe", ont affirmé deux élus influents en charge du budget de la Défense, Adam Smith et Jim Cooper.

"Cette décision affaiblit notre sécurité nationale isole les Etats-Unis puisque le traité va se poursuivre sans nous et abandonne un outil utile pour surveiller la Russie", ont-il ajouté.

Le retrait des Etats-Unis du traité devrait être "effectif dans six mois", selon une source diplomatique.

 

22. toukokuuta 2020 16:49:00 Categories: - info - monde Ilta Sanoma RTBF Taloussanomat

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