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Connue pour ces body paintings absolument saisissants, l'artiste américaine Alexa Meade a réalisé un clip en collaboration avec les danseurs Jon Boogz et Lil Buck.

Dans un salon épuré, deux hommes immobiles aux visages bariolés sont installés face à un poste de télévision. La caméra se déplace dans cet intérieur figé, qui n'est pas sans rappeler "La Chambre de Van Gogh à Arles".

Brusquement, au moment où la caméra se retourne vers la télévision, la fixité se rompt. L'écran diffuse un journal télévisé, "un officier de police a tiré sur un jeune homme noir qui n'était pas armé", annonce le présentateur. Des voix entêtantes se mêlent, jusqu'à l'insupportable.

Soudain, le corps de l'un des hommes prend vie. Habité par une danse, il entame une chorégraphie pulsionnelle, un combat contre un ennemi invisible. Son compagnon le rejoint, comme s'il était à son tour transcendé par la musique. Des coups de feu ponctuent le rythme, annonciateurs d'un mauvais présage.

Et la nécessité se fait ressentir : il faut sortir de cet enfermement, découvrir la réalité du monde. Est-il aussi laid que celui qui est montré à la télévision ? Les deux hommes ingénus sont brusquement plongés dans des rues d'une ville américaine grisâtre et fantomatique. Quand ils ne sont pas ignorés par les passants, ils se font bousculer, agresser. Parce qu'ils sont bariolés et animés, leur différence est crainte.

Et soudain, le fracas. Deux tirs de pistolet surgissent de nulle part, l'irréparable a été commis. Inertes, les deux danseurs gisent sur le sol. Dans l'ignorance la plus totale, de l'acrylique écarlate s'écoule de leurs corps.

"Color of reality" est une fable visuelle et moderne. En mêlant des pratiques artistiques différentes, le film nous immerge dans les réalités de notre monde : celles d'inégalités raciales et d'injustices à répétition. La peinture, le cinéma et la danse se rencontrent pour former un langage universel.

La danse devient une action pour une justice sociale, composée de mouvements exutoires qui dépassent les limites des mots. Au départ, les trompe-l'oil d'Alexa Meade nous donnent l'impression d'être face à une peinture, plate et figée. Mais celle-ci ne révèle que plus tard qu'il s'agit d'un monde en volume.

C'est donc une façon de symboliser la nécessité de ne plus rester dans une fixité paralysante et d'agir, tel que Jon Boogz, l'un des danseurs l'explique au New York Times : "nous avons pensé aux nombreuses personnes qui ignorent les problèmes de notre société, à moins qu'ils ne les affectent directement. Quand on les voit à la télévision c'est un choc, mais on continue à vivre dans notre bulle, dans notre petit monde fantasmé. Nous devons nous unir pour arrêter ces actes de violence insensés, et c'est de cela que parle le film."

 

Découvrez les coulisses de "Color of Reality" :

17. heinäkuuta 2017 18:54:51 Categories: - culture - scene - danse RTBF

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