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Dans la province italienne de Bergame, le quotidien l'Eco di Bergamo a mené une enquête afin de recouper les chiffres des décès liés au COVID-19, à partir des données fournies par les municipalités locales. Le résultat est inquiétant: le bilan serait de 4500 morts, au moins le double des décès vérifiés.

Selon le journal, ce que les chiffres officiels ne disent pas, c'est qu' "En mars 2020, plus de 5400 personnes sont mortes dans la province de Bergame, dont 4500 à cause de coronavirus. C'est six fois plus que l'année précédente. Pour 2060 d'entre eux, les décès "officiels" certifiés causés par le Covid-19 dans les hôpitaux locaux, nous savons tout : âge, sexe, conditions préexistantes. Par contre, nous ne savons rien des 2500 autres." Or selon le journal, beaucoup étaient des personnes âgées, qui sont mortes à domicile et dans des maisons de retraite. "Malgré des symptômes proches du Covid-19, selon les médecins et les proches, elles n'ont jamais été testées pour ce virus. Sur leur certificat de décès, on peut lire : pneumonie interstitielle"

Malgré des symptômes proches du Covid-19 [.] Elles n'ont jamais été testées pour ce virus. Sur leur certificat de décès, on peut lire : pneumonie interstitielle.

Ces données contredisent dès lors celles de la protection civile et de l'administration de la région de Lombardie. Des maires de la province avaient d'ailleurs témoigné dans le même journal le 17 mars : "Les données officielles ne sont que la partie visible de l'iceberg". Les images des centaines de cercueils, des véhicules militaires emportant ces cercueils et les pages des nécrologies du journal témoignent d'un nombre de décès dramatiquement élevé.

L'Eco di Bergamo a collaboré avec une agence de recherche et d'analyse des données, InTwig. Ils ont enquêté auprès des 243 municipalités de la province de Bergame. Parmi elles, 91 administrations ont répondu à l'appel. "Nous avons comparé le nombre de décès des trois premiers mois de cette année avec la moyenne des trois dernières années, afin de vérifier l'augmentation de la mortalité sur le territoire de Bergame" explique Aldo Cristadoro, fondateur d'InTwig et professeur de méthodes numériques pour la recherche sociale à l'université de Bergame. "Notre évaluation (...) nous apprend qu'au cours du mois de mars, plus de 5400 personnes sont mortes, dont environ 4500 sont imputables à des coronavirus. Il y a un an, au mois de mars, le nombre total de décès s'élevait à près de 900".

Si nous avions eu ces données en temps réel, il aurait été possible d'effectuer une surveillance plus étendue.

Les données disponibles confirment également une incidence plus élevée du coronavirus dans les zones où le pourcentage de résidents de plus de 70 ans est élevé. "En tant que chercheur, je peux dire que si nous avions eu ces données en temps réel, il aurait été possible d'effectuer une surveillance plus étendue et de fournir des preuves plus détaillées, jour après jour, que ce que les institutions ont été obligées de faire au cours du mois dernier" explique Aldo Cristadoro.


Le maire de Bergame, Giorgio Gori, espère que cette enquête fera réagir les autorités italiennes. "J'espère qu'ils utiliseront ces chiffres pour déterminer l'ampleur exacte de l'infection ainsi que les politiques qu'ils vont mettre en place en conséquence." Les auteurs de l'enquête espèrent également que cette tragédie à Bergame donnera des informations précieuses "à l'Italie et au reste du monde également". Le journal et l'agence de recherche vont mettre leurs données à la disposition des chercheurs dans le monde entier.

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2. huhtikuuta 2020 20:03:08 Categories: - info - dossier - epidemie-de-coronavirus Ilta Sanoma Mestis RTBF

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