Le Figaro

Macron accélère la modernisation des armées

logo de Le Figaro Le Figaro 13/07/2019 7:30:00 Alain Barluet

Le chef de l'État a donné, vendredi, le coup d'envoi du sous-marin Suffren, prélude à un 14 Juillet placé sous le signe de l'innovation.

Emmanuel Macron assiste à la cérémonie de lancement officiel du Suffren , vendredi à Cherbourg. © LOU BENOIST/AFPEmmanuel Macron assiste à la cérémonie de lancement officiel du Suffren , vendredi à Cherbourg.

Emmanuel Macron s'est rendu à Cherbourg, vendredi, pour le lancement, en grande pompe, du sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) Suffren, premier exemplaire d'une série de six submersibles ultramodernes qui seront mis à la mer durant la prochaine décennie. Issu du programme Barracuda, lancé en 1998, le sous-marin de 99 mètres de long et 5000 tonnes avaient été sorti la semaine dernière du hangar de Naval Group et amené, sur d'impressionnants supports (les «marcheurs») au niveau du bassin où il sera mis en eau cet été. Cinquante-deux ans après le général de Gaulle, qui avait adoubé le premier sous-marin nucléaire lanceurs d'engins (SNLE), le Redoutable, onze ans après Nicolas Sarkozy, venu pour le Terrible, le chef de l'État s'est prêté à l'exercice du coup d'envoi, en ouvrant symboliquement les vannes devant le dix-septième submersible nucléaire lancé par la France.

«Il n'est pas d'objet industriel plus complexe à concevoir, développer, réaliser qu'un sous-marin nucléaire, surtout quand il s'agit du premier d'une nouvelle série», a-t-il déclaré devant quelque 700 invités, dont les représentants des grands partenaires du projet, Naval Group, le CEA, la DGA, TecnicAtom mais aussi plus de cent entreprises sous-traitantes. Composé de 700.000 pièces, un SNA est l'un des objets industriels les plus complexes à réaliser, ainsi que l'a rappelé Hervé Guilloux, le PDG de Naval Group.

Trois SNA de type Suffren seront livrés d'ici à 2025 et deux avant 2029 pour un coût total de programme de 9 milliards d'euros - contre 7,9 initialement prévus. Le Suffren et ses homologues de la même série, qui resteront en service jusqu'à approximativement 2060, sont destinés à remplacer les SNA de type Rubis, mis en service au cours des années 1980.

«Une nouvelle ère»

Au total, la construction du Suffren a nécessité dix ans d'étude et de développement, douze années de montage, 8 millions d'heures de travail, 10.000 personnes impliquées.

«Nous évoluons dans un monde de menace et d'instabilité, parce que les équilibres de ce monde sont à la peine et de nouvelles formes de conflits apparaissent. Cette capacité de renseignement, d'action est indispensable pour protéger notre pays et pour agir», a souligné Emmanuel Macron. Il reviendra sur les questions de défense lors de son traditionnel discours aux armées, samedi à l'Hôtel de Brienne. L'innovation ne devrait pas être absente une nouvelle fois de ces propos puisqu'il pourrait évoquer des initiatives, attendues de longue date, dans un domaine qui lui tient à cour, l'espace.

«La sécurité des Français passe par des équipements de haut standard comme l'est le Suffren, a souligné vendredi Emmanuel Macron. «Plus discret, plus furtif, plus rapide, plus endurant et plus autonome, doté de missiles de croisière permettant de frapper en profondeur et capable de déployer des forces spéciales en immersion, cela fait entrer nos forces sous-marines dans une nouvelle ère: c'est cela le Suffren», a-t-il ajouté. Présente parmi les invités, la ministre australienne de la Défense, Linda Reynolds, dont le pays a signé en février un accord de partenariat stratégique pour la fourniture de 12 SNA à propulsion conventionnelle dans le cadre d'un contrat global de 31,3 milliards d'euros.

À Cherbourg, Emmanuel Macron a vanté des «efforts sans précédents pour moderniser les armées». Il s'est présenté en «garant du temps long», celui des grands programmes stratégiques comme Barracuda, présentés comme les garants de l'indépendance du pays et destinés à le «prémunir des menaces».

Dans le même esprit, le chef de l'État s'était rendu au Salon du Bourget, le mois dernier. Il avait levé le voile sur la maquette d'une esquisse de démonstrateur de l'avion de combat du futur, dans le cadre du système de combat aérien du futur (Scaf), associant la France, l'Allemagne et l'Espagne. À cette occasion, M. Macron s'était mis aux commandes d'un simulateur du standard F4 qui équipera les Rafale entre 2022 et 2024 (1).

Cet intérêt présidentiel marqué vis-à-vis de l'innovation et du suivi des programmes rejoint la priorité des armées pour leur modernisation capacitaire, inscrite dans la loi de programmation militaire (LPM 2019-2025). Du côté des militaires, la vigilance reste de mise, alors que se profilent les échéances budgétaires et que certains redoutent les mauvaises surprises, voire une non-exécution d'une LPM de «remontée en puissance», à ce titre largement saluée.

(1) Le Rafale est construit par Dassault Aviation, filiale du Groupe Dassault, propriétaire du «Figaro».

AUSSI SUR MSN: Emmanuel Macron inaugure le sous-marin Suffren

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13. heinäkuuta 2019 10:30:00 Categories: Autot Ilta Sanoma Le Figaro

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