Le Figaro

Raffineries: les agriculteurs déçus pourraient poursuivre les blocages

logo de Le Figaro Le Figaro 13/06/2018 12:00:00 Le figaro.fr

Malgré une nuit de négociations, les divergences persistent entre les agriculteurs et le ministère. Les instances de la FNSEA doivent se réunir ce mercredi pour décider de la suite du mouvement.

figarofr © FREDERICK FLORIN/AFPfigarofr

Deux camps, deux positions et toujours pas de solution... Alors que le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, s'est dit ce matin «optimiste» sur une issue du conflit qui porte sur l'importation de produits agricoles, la présidente de la FNSEA, premier syndicat agricole, juge insuffisantes les propositions présentées par le ministère pour mettre fin aux blocages de raffineries et dépôts de pétrole. «Le compte n'y est pas», a déclaré Christiane Lambert, la dirigeante du syndicat, à l'issue de plus de trois heures de négociations au ministère dans la nuit de mardi à mercredi.

Les instances de la FNSEA doivent se réunir à 7h30 mercredi matin pour décider de la suite à donner au mouvement. «Il y a quelques avancées qui ne suffisent pas à dire maintenant que nous levons le camp», a commenté Christiane Lambert qui, au côté du président des Jeunes Agriculteurs (JA) Jérémy Decerle, a négocié dans la nuit avec le ministère. «Nous allons partager les documents de restitution de la négociation et déciderons (...) de ce que nous allons faire», a souligné la présidente de la FNSEA mais «nous sommes déçus sur le contenu global de ce qui a été annoncé».

FNSEA et JA ont lancé dès dimanche soir un mouvement de blocage pour protester notamment contre l'importation de produits agricoles, et plus particulièrement l'huile de palme, ne respectant pas, selon eux, les normes françaises et européennes. Mardi après-midi, 18 raffineries et dépôts de carburant étaient bloqués. Reconnaissant des points de friction persistants avec les syndicats, Stéphane Travert a néanmoins envisagé une fin de ces blocages. «Je pense que nous pouvons trouver une voie de levée des barrages», a-t-il déclaré. «Sur un certain nombre de points, nous ne sommes pas parvenus à nous mettre d'accord, mais sur la question des engagements internationaux, sur la question des normes, sur la question du travail que nous faisons pour défendre nos filières, nous sommes au rendez-vous», a assuré le ministre.

Détermination

La FNSEA demande au gouvernement de légiférer pour interdire les importations qui ne répondent pas aux normes françaises, «des engagements sur le coût du travail» et les cotisations sociales, «des études sociales et économiques» avant la mise en place de toute nouvelle norme, et des réponses concrètes sur l'accompagnement financier des plans de filière. FNSEA et JA dénoncent aussi «les contradictions» du gouvernement qui incite les agriculteurs français à monter en gamme tout en concluant des accords de commerce international qui provoquent des distorsions de concurrence.

Le symbole de ces «incohérences», selon ces organisations, a été l'autorisation donnée au groupe pétrolier Total d'importer jusqu'à 300.000 tonnes par an d'huile de palme pour alimenter sa bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) qui doit commencer à fonctionner cet été. Interrogé à l'Assemblée nationale par le député LR Christian Jacob, le Premier ministre Édouard Philippe a défendu la décision de l'État d'autoriser Total à importer de l'huile de palme pour La Mède. «Nous ne dévierons pas d'une voie qui est claire: nous défendons les intérêts des filières agricoles. Nous faisons en sorte que l'ouverture des marchés soit respectueuse des intérêts de l'ensemble des filières agricoles», a-t-il ajouté. 

13. kesäkuuta 2018 15:00:00 Categories: Le Figaro

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